Glossaire
Convention fiscale (double imposition)
Une convention fiscale est un accord entre deux pays qui détermine lequel a le droit d’imposer vos revenus, et comment chacun accorde un crédit ou un allègement pour éviter que la même somme soit imposée deux fois.
Dès que vous vivez, travaillez ou percevez des revenus de part et d’autre d’une frontière, deux pays peuvent chacun revendiquer le droit d’imposer les mêmes revenus. Une convention fiscale (que l’on appelle aussi convention contre la double imposition, ou simplement traité fiscal) est l’accord que ces deux gouvernements signent pour trancher la question. Elle fixe les règles déterminant qui impose tel ou tel type de revenu (salaire, pensions, dividendes, activité indépendante) et comment l’autre pays s’efface ensuite, accorde un crédit d’impôt ou exonère le revenu, de sorte que vous ne soyez pas pleinement imposé des deux côtés.
Cela devient crucial dès l’instant où vous déménagez. Si vous devenez résident dans un nouveau pays tout en conservant des revenus de votre pays d’origine, un bien immobilier à l’étranger ou des clients à distance répartis dans plusieurs pays, une convention peut être ce qui empêche votre note fiscale de doubler. Elle fonctionne généralement de pair avec votre statut de résidence fiscale, et lorsque les deux pays vous considèrent tous deux comme résident, la règle de départage prévue par la convention décide lequel l’emporte. Vous pouvez vérifier votre statut probable avec le test de résidence fiscale gratuit.
Le piège que beaucoup négligent, c’est qu’une convention n’efface pas automatiquement vos obligations. Vous devez souvent déclarer dans les deux pays et réclamer activement l’allègement, parfois à l’aide d’un certificat de résidence fiscale ou d’un formulaire précis (en France, le formulaire 2047 pour les revenus de source étrangère). Attention, d’ailleurs, à un point que beaucoup oublient : avant même de regarder la convention, la France applique l’article 4 B du CGI, qui vous considère résident fiscal dès lors que votre foyer ou votre lieu de séjour principal s’y trouve, que vous y exercez votre activité professionnelle principale, ou que le centre de vos intérêts économiques y reste. Tant que l’un de ces critères tient, le fisc français vous impose sur vos revenus mondiaux, et la convention n’intervient qu’ensuite, pour répartir le droit d’imposer entre les deux États. Les conventions couvrent par ailleurs rarement tout : les cotisations sociales, les impôts locaux et certains types de revenus peuvent en être exclus ou relever d’accords distincts. Et si votre activité à l’étranger crée un établissement stable, un pays peut y imposer les bénéfices de cette activité, quel que soit votre lieu de résidence personnel.
Les clauses des conventions varient beaucoup d’un couple de pays à l’autre, et beaucoup de pays n’en ont signé aucune entre eux. Dans ce cas, vous dépendez de l’allègement unilatéral que chaque côté veut bien accorder. Il s’agit ici d’informations générales, et non d’un conseil. Vérifiez les détails auprès de l’administration fiscale officielle (en France, la Direction générale des Finances publiques) ou d’un professionnel qualifié en fiscalité internationale avant de vous appuyer sur une quelconque position conventionnelle.
Où vous le rencontrerez
- Au moment de remplir votre première déclaration de revenus après un déménagement, lorsque vous devez déclarer vos revenus de source étrangère et réclamer l’allègement conventionnel pour qu’ils ne soient pas imposés deux fois.
- Lorsque vous mettez en place une activité à distance ou indépendante à l’étranger et que vous vérifiez si votre pays d’origine conserve un droit d’imposition sur ces revenus.
- Lorsque vous demandez un certificat de résidence fiscale à un pays pour le remettre à l’autre, afin qu’il applique le taux réduit prévu par la convention sur les dividendes, les intérêts ou les pensions.