Glossaire
Exclusion des revenus étrangers (FEIE)
Une règle fiscale américaine qui permet aux Américains expatriés éligibles d’exclure une large part de leurs salaires et revenus d’activité gagnés à l’étranger de l’impôt fédéral américain. Vous devez tout de même déposer une déclaration pour en bénéficier.
Les États-Unis imposent leurs citoyens et leurs titulaires de la green card sur leurs revenus mondiaux, quel que soit leur pays de résidence. La Foreign Earned Income Exclusion (FEIE) est l’un des principaux mécanismes qui atténue ce poids. Si vous êtes éligible, vous pouvez exclure de votre impôt fédéral américain un montant déterminé de revenus tirés d’un travail exercé à l’étranger (un plafond que l’IRS révise chaque année, qui dépasse aujourd’hui les 100 000 dollars).
Cela devient crucial dès que vous vous installez à l’étranger en tant que personne assujettie au fisc américain, car quitter le territoire ne met pas fin à votre obligation déclarative aux États-Unis. La FEIE peut effacer une grande partie de votre facture fiscale américaine sur un salaire ou des revenus de freelance gagnés hors du pays, mais seulement si vous la réclamez activement via le formulaire 2555 joint à votre déclaration annuelle. Elle n’est jamais automatique.
Le piège que beaucoup négligent, c’est le test d’éligibilité. Il vous faut généralement soit une année fiscale complète de résidence effective dans un autre pays (le bona fide residence test), soit une présence physique hors des États-Unis d’au moins 330 jours pleins sur une période de 12 mois (le physical presence test). Les jours de voyage, les retours au pays et le temps passé dans des pays où vous n’avez aucune attache réelle peuvent discrètement faire échouer ces tests. L’exclusion ne couvre par ailleurs que les revenus d’activité, et non les revenus de placement, les pensions ou les dividendes ; sa combinaison avec le crédit d’impôt étranger (Foreign Tax Credit) peut s’avérer délicate, si bien qu’elle n’est pas toujours le meilleur choix lorsque vous vivez dans un pays à forte fiscalité.
Si c’est en France que vous posez vos valises, gardez une chose en tête : la FEIE ne concerne que le fisc américain et ne vous protège en rien de l’impôt français. La France vous regarde comme résident fiscal dès que vous remplissez l’un des critères de l’article 4 B du CGI — votre foyer ou votre lieu de séjour principal s’y trouve, vous y exercez votre activité professionnelle à titre principal, ou la France abrite le centre de vos intérêts économiques. Travailler en télétravail depuis Lyon ou Bordeaux suffit souvent à cocher la première case. Dans ce cas, c’est la convention fiscale franco-américaine de 1994 et son mécanisme de crédit d’impôt qui règlent la double imposition, pas la FEIE : vous déclarez vos revenus aux deux administrations, mais un crédit égal à l’impôt français évite que la même somme soit taxée deux fois. Et n’oubliez pas vos comptes bancaires américains : ils sont à reporter chaque année sur la déclaration n° 3916.
Savoir si la FEIE vous convient dépend largement de votre résidence fiscale et de toute convention fiscale (double imposition) liant les États-Unis à votre nouveau pays. Les personnes qui s’installent dans des pays à faible fiscalité ou à fiscalité territoriale s’appuient souvent sur la FEIE, tandis que celles établies dans des pays à forte imposition ont parfois tout intérêt à privilégier les crédits d’impôt. Notre outil de résidence fiscale vous aide à y voir clair avant de trancher. Il s’agit d’informations générales, et non de conseils. Vérifiez les règles en vigueur auprès de l’IRS ou d’un fiscaliste spécialisé en mobilité internationale avant de déposer votre déclaration.
Où vous le rencontrerez
- Au moment de déposer votre première déclaration fiscale américaine après votre départ, lorsque votre comptable vous demande s’il faut réclamer la FEIE ou le crédit d’impôt étranger.
- En tenant le compte de vos jours passés aux États-Unis et à l’étranger sur un calendrier, afin d’être certain de franchir le seuil des 330 jours du physical presence test.
- En parcourant les forums de télétravail et de nomadisme numérique, où les citoyens américains débattent du choix entre la FEIE et les crédits d’impôt selon leur pays d’accueil.